L’artiste saguenéen Mathieu Valade jouira d’une vitrine exceptionnelle à compter du 20 octobre, gracieuseté du Musée d’art contemporain du Val-de-Marne.

Une installation vidéo intitulée Mathieu Valade Manifeste sera en effet présentée dans le cadre d’une exposition consacrée à la Manif d’art-La biennale de Québec, l’événement pendant lequel cette œuvre a été vue pour la première fois.

Il s’agit d’une opportunité intéressante en raison du rayonnement de ce musée niché dans la grande région parisienne. Sa vocation première consiste à mettre en valeur les créations françaises, ce qui ne l’empêche pas d’accueillir des artistes de l’étranger. C’est ainsi que cinq pièces qui avaient été montrées à Québec en février et mars ont été intégrées à l’exposition Sans réserve, dont le contenu provient de la collection du musée.

« Pour moi, ça représente une super visibilité, en même temps que mon entrée dans l’univers muséal international. Ce musée qu’on appelle familièrement le MAC VAL est une institution importante en art contemporain », a commenté Mathieu Valade il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès.

Il assistera au vernissage et verra donc son installation dans un contexte différent de celui du Musée des beaux-arts de Québec. Formée de 12 moniteurs télé alignés sur trois rangées, elle permet de lire le texte de 12 manifestes ayant marqué l’histoire de l’art. Le plus connu chez nous est Le Refus Global. Il est accompagné par un document lui tenant lieu de réponse, le Prisme d’Yeux, écrit par Alfred Pellan.

« Derrière ces manifestes, il y a l’idée de la table rase. Leurs auteurs avaient tendance à rejeter ce qui avait été accompli dans le passé pour proposer leur vision à eux. C’est une pratique moins populaire de nos jours », raconte Mathieu Valade. Prenant appui sur cette propension à opposer le bien au mal, il a repris l’esthétique de la série Star Wars pour mettre en scène le défilement des textes.

Ceux-ci ont été « sculptés » en s’inspirant du générique des films, en effet, à l’intérieur d’un espace qui rétrécit vers le haut. « On entend aussi la musique de Star Wars », précise l’artiste, qui est professeur en art à l’Université du Québec à Chicoutimi.